Signez la pétition !

Monsieur le Ministre,

J’ai pris connaissance avec consternation des manuels édités par les maisons Hachette, Bordas et Hatier pour le cours de Sciences de la Vie et de la Terre de Première.

Profitant de l’ambiguïté de votre circulaire parue au Bulletin officiel du 30 septembre 2010 définissant des programmes qui n’ont été soumis à aucune consultation nationale, ces manuels dénaturent profondément ce cours, en imposant ce qu’il est désormais convenu d’appeler la théorie du « Gender » qui est une théorie philosophique et sociologique et non scientifique. Elle affirme que l’identité sexuelle (qui est un concept non biologique) est une construction culturelle relative au contexte du sujet.

Ainsi peut on lire dans le manuel Hachette : « Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. Devenir un individu sexué fait partie intégrante de la construction identitaire. »

Ces manuels reflètent au moins 3 entorses gravissimes des valeurs de notre Ecole :

SIGNEZ LA PÉTITION !

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Comité scientifique de parrainage du collectif

Marie-Thérèse HOCHEREAU DE REVIERS
Chercheur et directeurs de recherches CNRS
Chargé de cours pendant une dizaine d’années les bases génétiques de la différenciation sexuelle chez les vertébrés
Licence de sciences naturelles Paris 1960
Doctorat d’état 1970 Paris
Recrutée au CNRS en octobre 1961
Directeur de recherches 2ième classe
Médaille de bronze du CNRS Sciences de la Vie en 1999

Nadia LALLALI
Docteur de la Sorbonne en sciences sociales
Enseignante à l’I.E.P.S à Sidi-Abdallah
Maître de Conférence Université Alger 3 en sociologie générale
Directrice de recherche sur le Genre

Jean-Claude HUBI
Inspecteur d’Académie retraité
Ancien directeur des CRDP de Rouen et Nice

Jean-Michel PANOFF
Docteur en biologie
Professeur des Universités

Florent DOMINE
Directeur de Recherche au CNRS
Docteur ès Sciences Naturelles

Christophe FOUQUET
Biologiste agréé Aide Médicale à la Procréation
DES de Biologie Médicale
DU de Médecine de la Reproduction
Président du Syndicat des Biologistes de Nouvelle-Calédonie

Docteure Michèle DAYRAS
Lauréate de la Faculté de Médecine de Paris
Prix de Thèse
Diplômée de Médecine du Travail
Diplômée de Gastroentérologie
Diplômée de Radiologie
Ancienne Chef de Clinique des Hôpitaux de Paris
Ancienne Chef de Service Adjointe en Gérontologie
Ancienne Médecin Chef en Radiologie
Présidente fondatrice de SOS SEXISME

Docteur jacques POIRIER
Ancien Elève de l’Institut Pasteur de Paris
Ancien enseignant en microbiologie à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort
Ancien chercheur
Ancien cadre dirigeant dans l’Industrie Pharmaceutique
Enseignant en SVT

Régis NOUVEL
Professeur de SVT
CAPES de SVT

Anne Broussoux
Professeur de SVT

Marie-Annick CARON
Agrégée de SVT
Retraitée de l’Education Nationale .
Professeur de SVT au lycée Hugues Capet de Senlis

Béatrice EGRETEAU
CAPES de SVT
Ancien professeur de SVT pendant 15 ans

Thomas ROYER
Professeur de SVT
Académie de Grenoble

Pierre-Henry NAU
Professeur de SVT en collège public

Nathalie ESNAULT PIOT
Psychosociologue
Diplômée de l’IEP
Diplômée de Paris Dauphine
Diplômée de l’IAE Paris 1 Sorbonne-HEC
En préparation d’une thèse

Docteur André VALANCOGNE
Médecin spécialiste de pédiatrie
Ancien praticien hospitalier
Ancien chef de clinique

Docteur Catherine RIGAUD
Psychiatre
Pédopsychiatre
Titulaire d’un DEA de Psychologie clinique
Titulaire d’un DU d’expertise psychiatrique
Ancienne du service de pédopsychiatrie universitaire de St Etienne
Ancienne responsable d’une Unité d’Hospitalisation Complète pour préadolescents
Conseillère Municipale – Ancienne adjointe aux affaires scolaires

Docteur Vincent ROUYER
Médecin pédopsychiatre,
Chef du pôle de psychiatrie infanto-juvénile de l’intersecteur I01 d’Eure et Loir
Directeur de la filière autisme
Praticien attaché à l’Hôpital Robert Debré à Paris

Docteur Mireille ROBINSON
Médecin psychiatre à Toulon
Intervenant en Ecole de Parents

E SCHLUMBERGER
Médecin
Neuropédiatre
Praticien Hospitalier

Docteur Marie-Thérèse COUCHARD
Praticien Hospitalier
Biologiste des Hôpitaux de Paris

Henry HENREN
Docteur d’état ès lettres et sciences humaines
Professeur honoraires des Université à Nancy 2 – Chaire de psychologie de l’enfant

Annette RICHTER
Psychologue de la petite enfance

Colonel Gérard Louis VINCENT
IHEDN – Officier ONM.
BTEMS (Ecole Supérieure de Guerre 78-80).
Administrateur et Conseiller honoraire d’une grande SSII
Psychanalyste
DEA Paris VIII.

Odile DUVAUX
Docteur en médecine
Normalienne
Titulaire d’une thèse de science et d’une habilitation a diriger les recherches
Dix ans de recherche en neurobiologie

Lionel MERCURY
Professeur des Universités
Université d’Orléans – Section 35 du CNU
Structure et évolution de la Terre et des autres planètes

Jean-Claude LEGRAND
Ingénieur de l’Ecole Polytechnique
Professeur agrégé honoraire de Sciences Physiques
Chef honoraire de la Protection Civile du XIV° arrondissement de Paris
Croix de la valeur militaire
Médaille commémorative des opérations de maintien de l’ordre en Algérie
Palmes académiques

Docteur jacques POIRIER
Ancien Elève de l’Institut Pasteur de Paris
Ancien enseignant en microbiologie à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort
Ancien chercheur
Ancien cadre dirigeant dans l’Industrie Pharmaceutique
Enseignant en SVT

Dominique MAROUBY
Docteur en Médecine
Chirurgien des Hôpitaux
Titulaire d’une Maîtrise de Biologie Humaine
Ancien Interne et Assistant des Hôpitaux de Clermont-Ferrand
Chef de clinique à la faculté
Chargé de mission Prévention, Information et Formation au Réseau régional de cancérologie ONCO Poitou-Charentes

Dominique CATHIGNOL

Directeur de recherche émérite à l’INSERM
Doctorat d’état en physique

Catherine CARRAUD
Agrégée de chimie
Professeur de Sciences Physiques

Dominique BARDOU
Professeur agrégé de Sciences Physiques

Françoise QUILLOT
Praticienne en psychothérapie

Madeleine BERTAUD
Agrégée de l’Université
Docteur ès lettres
Professeur émérite des Universités

Alain MARLIAC
Directeur de recherches honoraire de l’IRD
Docteur en Préhistoire
Docteur d’Etat

Olivier TOURNAFOND
Agrégé des Facultés de Droit
Professeur à l’Université de Paris Est

Bertrand MATHIEU
Professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne Université Paris I

Mourad AICHE
Maître de Conférences à l’Université de Bordeaux 1
Centre d’études Nucléaires de Bordeaux Gradignan

Bernard TRAPES
Professeur de Philosophie honoraire
Chevalier des Palmes Académiques

Professeur Pablo ORTEGA DEBALLON
Professeur des Universités – Chirurgien des Hôpitaux
Service de Chirurgie Digestive et Cancérologique

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113 sénateurs contre la théorie du genre

113 sénateurs, près d’un tiers du Sénat, ont écrit lundi au ministre de l’Education, Luc Chatel, pour « protester contre l’enseignement de la théorie du genre en classe de 1ère », indique un communiqué de Marie-Thérèse Hermange (UMP) chef de file de cette initiative.

« Cette théorie sociologique et militante qui affirme que l’identité sexuelle n’est qu’une construction culturelle n’a pas sa place dans une matière scientifique et va à l’encontre des principes de neutralité et de liberté de conscience propres à l’enseignement public », affirment les signataires.

« S’il faut veiller à l’égalité des droits entre hommes et femmes et dénoncer la suprématie de l’un sur l’autre, l’importance des facteurs biologiques ne peut être niée sauf à vouloir bouleverser l’anthropologie de notre société en fragilisant la famille, qui est sa structure de base, et l’individu », ajoutent-ils.

Ils demandent notamment « le retrait de la mention de la théorie du genre présentée dans les manuels de SVT par Hatier, Hachette, Bordas » et « de garantir aux élèves que ce chapitre ne pourra faire l’objet d’un sujet au baccalauréat ».

Parmi les signataires qui comptent 98 UMP, 12 centristes et 3 non inscrits figurent le président du groupe Union Centriste François Zocchetto, le sénateur UMP de l’Oise et rapporteur de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, la présidente centriste de la commission des Affaires sociales, Muguette Dini et l’ancien ministre, Charles Pasqua.

Source : AFP

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3EME COMMUNIQUE DE PRESSE : Des députés prennent la parole au nom des Français

Le collectif exprime sa profonde gratitude aux nombreux députés qui ont signé la lettre de monsieur le Député Richard Mallié et à ce dernier dont l’initiative est salutaire pour la sauvegarde de la déontologie des enseignants.

Le collectif salue le soutien apporté par Monsieur Jean François Copé, secrétaire général de l’UMP aux députés signataires et sa déclaration : « Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c’est que la théorie du genre (…) soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l’est pas » – Reuters

Le collectif refuse la politisation du débat et regrette que des députés de l’opposition n’aient pas eu l’opportunité ou le courage de se joindre à l’appel du député Mallié.

Le collectif a bien entendu la déclaration de Monsieur le ministre sur RTL ce midi par laquelle il évacue tout référence au Gender dans les programmes mais le collectif précise que la totalité des 6 manuels scolaires sont bien emprunts de cette conception et donc qu’à cette date aucun manuel n’est conforme aux programmes.

Le ministre doit reconnaître que l’ambiguïté du programme est bien responsable de la ligne éditoriale des manuels ! Le collectif précise par ailleurs que dans une majorité de régions, les manuels sont financés par ces dernières avec des fonds publics pour lesquels les contribuables peuvent demander des comptes.

Comment les enseignants seront ils officiellement informés que le Gender ne fait pas partie des programmes ?

Comment les inspecteurs de SVT pourront ils évaluer les enseignants dans cette ambiguïté ?

Avec quels manuels enseignants et élèves pourront ils aborder ce nouveau thème ?

Le collectif de l’Ecole Déboussolée vous propose de soutenir les propositions de bon sens suivantes qui seules, lui semble t il, seront à même d’apaiser une polémique qui va bientôt être reprise par les parents d’élèves avec la distribution des manuels.

L’école déboussolée appelle à ce :

- Que le ministre exprime publiquement au milieu scolaire que la théorie du Genre ne fait pas partie du programme.

- Que le ministre fasse rédiger une lettre de cadrage publique à destination des recteurs, des inspecteurs de SVT et des enseignants pour la bonne interprétation du Bulletin Officiel.

- Que les services de la Direction Générale de l’Enseignement fasse réaliser un manuel en ligne dédié à ce chapitre et disponible librement sur le site pédagogique officiel http://eduscol.education.fr/ ou sur http://www.academie-en-ligne.fr

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80 députés se prononcent contre les manuels scolaires qui relayent la théorie du genre

http://www.dailymotion.com/videoxksopc
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COMMUNIQUE DE PRESSE : L’école déboussolée rejette la réponse du Ministre au Député LAMBLIN

Monsieur le Député Jacques Lamblin, Député de Meurthe et Moselle, a bien voulu nous faire parvenir la réponse écrite que lui a adressé Monsieur Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale à la suite de l’inquiétude qui lui avait exprimé comme de nombreux autres parlementaires.

Le ministre y fait la défense des programmes et rejette la responsabilité de la polémique sur les éditeurs scolaires.

L’école déboussolée constate que le ministre se défausse amplement de sa responsabilité de gouvernance du service public d’éducation et de son rôle de garant de sa déontologie.

Le ministre refuse de reconnaître que ses services sont à l’origine de l’ambiguïté qui lui vaut cette polémique. Or Plusieurs dizaines de milliers de citoyens, 27 questions écrites à l’assemblée, de nombreux articles manifestent qu’il y a bien une difficulté dans la définition de ces programmes.

Le ministre précise : « La théorie du genre n’apparaît pas dans les programmes de Svt – Le programme est centré sur des phénomènes biologiques » « En complément des aspects biologiques, le programme aborde la dimension sociologique de la différentiation sexuelle en distinguant identité et orientation sexuelle »

Il faut d’abord reconnaître que le ministre assume pleinement l’introduction d’une approche sociologique dans un cours de SVT – ce qui constitue en soi un mélange et une confusion des genres puisque ces disciplines n’ont pas la même épistémologie et ne sont pas dites scientifiques selon les mêmes principes méthodologiques .
En effet, le concept de « Genre »
est employé dans les manuels et il est historiquement, étymologiquement et notionellement issu de la théorie de Judith Butler, la conceptrice de la théorie du Genre.
Or selon France Culture: « La théorie du genre élaborée aux Etats-Unis sous l’impulsion de mouvements féministes dans les années 60 n’est pas explicitement désignée, mais c’est une référence directe. »

On doit donc demander au ministre de quel apport sociologique différentiant orientation et identité sexuelle le programme se revendique t il ?
Car enfin si la défense d’une orientation sexuelle non physiologiquement normée est une des finalités avouée du programme, comment lui donner une assise scientifique (et pas seulement juridique – ce dont le programme aurait pu se contenter) autrement qu’en relativisant l’identité sexuelle à l’orientation sexuelle en définissant cette première comme culturellement construite ?
La théorie du genre apparaît en effet comme la seule sociologie permettant de fonder sous un pseudo vernis scientifique la distinction entre identité et orientation. Là encore, on voit bien que l’objectif n’est pas de défendre le droit à des sexualités alternatives en fondant en droit la liberté de comportement des personnes mais bien de trouver un fondement identitaire à ces sexualités.
Pour ce faire, il faut nuancer la détermination biologique de cette identité et lui donner une assise sociologique qui en discrédite l’état de fait en la rendant malléable au gré des influences et du projet du sujet. Transférée en partie du biologique au sociologique, l’identité sexuelle devient un matériau tout à la fois à déconstruire comme à modéliser.

Seule une approche sociologique nommée comme telle (donc identifiée comme sortie de la science biologique) et surtout plurielle (non exclusivement fondée sur la théorie du genre) pourrait redonner un crédit scientifique et critique aux nouveaux programmes. Le nouveaux programmes ont donné l’Esprit, les éditeurs en ont formulé la Lettre. Le ministre a donc beau jeu des les désavouer : « Les livres ne sont que le reflet des programmes. On se contente de dire que l’orientation sexuelle peut être variée. » Catherine Allais, directrice éditoriale scientifique chez Belin

Enfin, le Ministre ne résout pas le problème des manuels très majoritairement influencés. Les enseignants ne peuvent se contenter de la brièveté du descriptif du bulletin officiel et ne peuvent s’appuyer que sur les manuels. De même les élèves n’auront pas d’autres ressources que ces derniers.
Que compte faire le ministre de l’Education nationale pour doter enseignants et élèves de supports conformes aux programmes ?

Objet d’inquiétude pour une cinquantaine de Députés et plusieurs dizaines de milliers de citoyens, L’école déboussolée demande au ministre que l’interprétation des programmes fasse donc l’objet d’une lettre de cadrage à destination des éditeurs et des professeurs.

L’école déboussolée demande également que les service de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire certifie les seuls manuels conformes aux programmes ou fasse réaliser un manuel en ligne dédié à ce chapitre et disponible librement sur Educscol.

A l’approche de la rentrée, seules ces recommandations sauront épargner au ministre une polémique lancinante et après celle des enseignants, la colère des parents.

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Deux nouvelles questions écrites à l’assemblée

Portant à 26 le nombre de questions posées au ministre Luc Chatel

13ème législature
Question N° : 115927 de M. Philippe Armand Martin
Question écrite

Ministère interrogé > Éducation nationale, jeunesse et vie associative Ministère attributaire > Éducation nationale, jeunesse et vie associative
Rubrique > enseignement Tête d’analyse > programmes Analyse > sciences de la vie et de la terre. classes de première
Question publiée au JO le : 02/08/2011 page : 8295
Texte de la question
M. Philippe Armand Martin attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur les préoccupations d’associations de parents d’élèves concernant l’inscription, dans les programmes de première des sciences de la vie et de la terre (SVT), de la théorie de gender. En effet, ces manuels imposent une théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique, qui affirme que l’identité sexuelle est une construction culturelle relative au contexte du sujet. Or cette idéologie fabriquée aux États-Unis présente un caractère philosophique militant, voire intrusif. Sachant qu’il est important que les manuels scolaires ne délivrent pas un enseignement scientifique présentant des erreurs et pouvant créer la confusion dans l’esprit des élèves, il lui demande de bien vouloir lui préciser les intentions du Gouvernement sur ce sujet.
Texte de la réponse

13ème législature
Question N° : 115926 de M. François-Michel Gonnot ( Union pour un Mouvement Populaire – Oise ) Question écrite

Ministère interrogé > Éducation nationale, jeunesse et vie associative Ministère attributaire > Éducation nationale, jeunesse et vie associative
Rubrique > enseignement Tête d’analyse > programmes Analyse > sciences de la vie et de la terre. classes de première
Question publiée au JO le : 02/08/2011 page : 8295
Texte de la question
M. François-Michel Gonnot alerte M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la pseudo « théorie du genre sexuel » qui vient d’être introduite dans certains manuels de sciences et vie de la terre, de classe de première. Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels. Ces manuels, dont ceux édités par Hachette, imposent donc une théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique, et qui affirme que l’identité sexuelle est une construction culturelle. Par exemple, il est écrit dans un de ces manuels que « le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socioculturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre ». Ces manuels constituent des entorses évidentes aux valeurs de l’école laïque et républicaine, car l’école doit avant tout former l’esprit critique selon les exigences de la raison et se doit d’être neutre. Par ailleurs, on ne peut pas obliger les professeurs de SVT à relayer un discours extra-scientifique. Inscrite dans le Code de l’éducation, l’éducation à la sexualité doit avant tout reposer sur une démarche éducative qui répond à la fois à des questions de santé publique et à des problématiques concernant les relations entre garçons et filles non à des théories fumeuses. Estimant qu’il est du devoir de l’État de mieux contrôler le contenu des manuels scolaires dont disposent les lycéens, il lui demande de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie. C’est l’éducation de nos enfants qui est en jeu.
Texte de la réponse

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Les fondements de l’école républicaine : La raison critique contre les modes de pensée

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Les principes au fondement de l’école publique

Les principes qui sont au fondement de la confiance des parents dans l’école. Ces principes, fixés dans le Code de l’Education, sont :
- « respect de la personnalité de l’enfant et de l’action éducative des familles » (art. L. 111-2),
- « (…) l’Etat assure aux enfants et adolescents dans les établissements publics d’enseignement la possibilité de recevoir un enseignement conforme à leurs aptitudes dans un égal respect de toutes les croyances » (art. L. 141-2.).

« L’enseignement public est neutre : la neutralité philosophique et politique s’impose aux enseignants et aux élèves. »
Site internet du Ministère de l’Education Nationale

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Le bulletin officiel des nouveaux programmes

Bulletin officiel de l’Education nationale spécial n° 9 du 30 septembre 2010 – thème 3 « Corps humain et santé » :

« Féminin, masculin

L’étude de la sexualité humaine s’appuie sur les acquis du collège. Dans une optique d’éducation à la santé et à la responsabilité, il s’agit de comprendre les composantes biologiques principales de l’état masculin ou féminin, du lien entre la sexualité et la procréation et des relations entre la sexualité et le plaisir. Ces enseignements gagneront à être mis en relation avec d’autres approches interdisciplinaire (philosophie) et/ou intercatégorielles (professionnels de santé). Il s’agit d’aider l’élève à la prise en charge responsable de sa vie sexuelle.

Devenir femme ou homme
On saisira l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée. Cette distinction conduit à porter l’attention sur les phénomènes biologiques concernés. »
Consulter les programmes

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La lettre de Jules Ferry

Monsieur l’Instituteur,

Des diverses obligations qu’il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c’est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l’éducation morale et l’instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l’objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir à cet égard tout votre devoir et rien que votre devoir.
La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier, d’autre part elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’église, l’instruction morale à l’école.
Le législateur n’a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l’école de l’église, d’assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus, celui des croyances qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances qui sont communes et indispensables à tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n’hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer.
Pour cette partie capitale de l’éducation, c’est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas songé à vous décharger de l’enseignement moral : c’eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul.
En vous conférant de telles fonctions, le Parlement s’est-il trompé ? A-t-il trop présumé de vos forces, de votre bon vouloir, de votre compétence ? Assurément il eût encouru ce reproche s’il avait imaginé de charger tout à coup quatre-vingt mille instituteurs et institutrices d’une sorte de cours ex professo sur les principes, les origines et les fins dernières de la morale. Mais qui jamais a conçu rien de semblable ? Au lendemain même du vote de la loi, le Conseil supérieur de l’instruction publique a pris soin de vous expliquer ce qu’on attendait de vous, et il l’a fait en des termes qui défient toute équivoque. Vous trouverez ci-inclus un exemplaire des programmes qu’il a approuvés et qui sont pour vous le plus précieux commentaire de la loi : je ne saurais trop vous recommander de les relire et de vous en inspirer. Vous y puiserez la réponse aux deux critiques opposées qui vous parviennent. Les uns vous disent : Votre tâche d’éducateur moral est impossible à remplir. Les autres : Elle est banale et insignifiante. C’est placer le but ou trop haut ou trop bas. Laissez-moi vous expliquer que la tâche n’est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime, qu’elle est très limitée et pourtant d’une très grande importance, – extrêmement simple, mais extrêmement difficile.
J’ai dit que votre rôle en matière d’éducation morale est très limité. Vous n’avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens. Et quand on vous parle de mission et d’apostolat, vous n’allez pas vous y méprendre : vous n’êtes point l’apôtre d’un nouvel évangile ; le législateur n’a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu’on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens. Il est impossible que vous voyiez chaque jour tous ces enfants qui se pressent autour de vous, écoutant vos leçons, observant votre conduite, s’inspirant de vos exemples, à l’âge où l’esprit s’éveille, où le cœur s’ouvre, où la mémoire s’enrichit, sans que l’idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre, avec les connaissances scolaires proprement dites, les principes mêmes de la morale, j’entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques.
Vous êtes l’auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge.
Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. Si étroit que vous semble, peut-être, un cercle d’action ainsi tracé, faites-vous un devoir d’honneur de n’en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que de vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l’enfant.
Mais une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l’humble et sûre région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C’est dire qu’elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur.
Il ne s’agit plus là d’une série de vérités à démontrer mais, ce qui est tout autrement laborieux, d’une longue suite d’influences morales à exercer sur de jeunes êtres, à force de patience, de fermeté, de douceur, d’élévation dans le caractère et de puissance persuasive. On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. On a osé prétendre pour vous à ce que d’ici quelques générations les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. Ce sera dans l’histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d’avoir mérité d’inspirer aux Chambres françaises cette opinion, qu’il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l’influence ne peut manquer en quelque sorte d’élever autour d’elle le niveau des mœurs. Ce rôle est assez beau pour que vous n’éprouviez nul besoin de l’agrandir. D’autres se chargeront plus tard d’achever l’œuvre que vous ébauchez dans l’enfant et d’ajouter à l’enseignement primaire de la morale un complément de culture philosophique ou religieuse. Pour vous, bornez-vous à l’office que la société vous assigne et qui a aussi sa noblesse : poser dans l’âme des enfants les premiers et solides fondements de la simple moralité.
Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n’est pas avec des difficultés de théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des défauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s’agit pas de les condamner – tout le monde ne les condamne-t-il pas ? – mais de les faire disparaître par une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas que vos élèves aient compris et retenu vos leçons, il faut surtout que leur caractère s’en ressente : ce n’est pas dans l’école, c’est surtout hors de l’école qu’on pourra juger ce qu’a valu votre enseignement.
Au reste, voulez-vous en juger vous-même dès à présent et voir si votre enseignement est bien engagé dans cette voie, la seule bonne : examinez s’il a déjà conduit vos élèves à quelques réformes pratiques. Vous leur avez parlé, par exemple, du respect dû à la loi : si cette leçon ne les empêche pas, au sortir de la classe, de commettre une fraude, un acte, fût-il léger, de contrebande ou de braconnage, vous n’avez rien fait encore ; la leçon de morale n’a pas porté.
Ou bien vous leur avez expliqué ce que c’est que la justice et que la vérité : en sont-ils assez profondément pénétrés pour aimer mieux avouer une faute que de la dissimuler par un mensonge, pour se refuser à une indélicatesse ou à un passe-droit en leur faveur ?
Vous avez flétri l’égoïsme et fait l’éloge du dévouement : ont-ils, le moment d’après, abandonné un camarade en péril pour ne songer qu’à eux-mêmes ? Votre leçon est à recommencer.
Et que ces rechutes ne vous découragent pas. Ce n’est pas l’œuvre d’un jour de former ou de réformer une âme libre. Il y faut beaucoup de leçons sans doute, des lectures, des maximes écrites, copiées, lues et relues ; mais il y faut surtout des exercices pratiques, des efforts, des actes, des habitudes. Les enfants ont en morale un apprentissage à faire, absolument comme pour la lecture ou le calcul. L’enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l’une après l’autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l’un et à l’autre ? La pratique, l’habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l’exécution. De même, l’enfant qui répète les premiers préceptes de la morale ne sait pas encore se conduire : il faut qu’on l’exerce à les appliquer couramment, ordinairement, presque d’instinct ; alors seulement la morale aura passé de son esprit dans son cœur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre.
De ce caractère tout pratique de l’éducation morale à l’école primaire, il me semble facile de tirer les règles qui doivent vous guider dans le choix de vos moyens d’enseignement.
Une seule méthode vous permettra d’obtenir les résultats que nous souhaitons. C’est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d’abstractions, beaucoup d’exemples et surtout d’exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n’est pas le livre qui parle, ce n’est même plus le fonctionnaire, c’est pour ainsi dire le père de famille dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment.
Est-ce à dire qu’on puisse vous demander de vous répandre en une sorte d’improvisation perpétuelle sans aliment et sans appui du dehors ? Personne n’y a songé, et, bien loin de vous manquer, les secours extérieurs qui vous sont offerts ne peuvent vous embarrasser que par leur richesse et leur diversité. Des philosophes et des publicistes, dont quelques-uns comptent parmi les plus autorisés de notre temps et de notre pays, ont tenu à honneur de se faire vos collaborateurs, ils ont mis à votre disposition ce que leur doctrine a de plus pur et de plus élevé. Depuis quelques mois, nous voyons grossir presque de semaine en semaine le nombre des manuels d’instruction morale et civique. Rien ne prouve mieux le prix que l’opinion publique attache à l’établissement d’une forte culture morale par l’école primaire. L’enseignement laïque de la morale n’est donc estimé ni impossible, ni inutile, puisque la mesure décrétée par le législateur a éveillé aussitôt un si puissant écho dans le pays.
C’est ici cependant qu’il importe de distinguer de plus près entre l’essentiel et l’accessoire, entre l’enseignement moral qui est obligatoire, et les moyens d’enseignement qui ne le sont pas. Si quelques personnes, peu au courant de la pédagogie moderne, ont pu croire que nos livres scolaires d’instruction morale et civique allaient être une sorte de catéchisme nouveau, c’est là une erreur que ni vous, ni vos collègues, n’avez pu commettre. Vous savez trop bien que, sous le régime de libre examen et de libre concurrence qui est le droit commun en matière de librairie classique, aucun livre ne vous arrive imposé par l’autorité universitaire. Comme tous les ouvrages que vous employez, et plus encore que tous les autres, le livre de morale est entre vos mains un auxiliaire et rien de plus, un instrument dont vous vous servez sans vous y asservir.
Les familles se méprendraient sur le caractère de votre enseignement moral si elles pouvaient croire qu’il réside surtout dans l’usage exclusif d’un livre même excellent. C’est à vous de mettre la vérité morale à la portée de toutes les intelligences, même de celles qui n’auraient pour suivre vos leçons le secours d’aucun manuel ; et ce sera le cas tout d’abord dans le cours élémentaire. Avec de tout jeunes enfants qui commencent seulement à lire, un manuel spécial de morale et d’instruction civique serait manifestement inutile. A ce premier degré, le Conseil supérieur vous recommande, de préférence à l’étude prématurée d’un traité quelconque, ces causeries familières dans la forme, substantielles au fond, ces explications à la suite des lectures et des leçons diverses, ces mille prétextes que vous offrent la classe et la vie de tous les jours pour exercer le sens moral de l’enfant.
Dans le cours moyen, le manuel n’est autre chose qu’un livre de lectures qui s’ajoute à ceux que vous possédez déjà. Là encore, le Conseil, loin de vous prescrire un enchaînement rigoureux de doctrines, a tenu à vous laisser libre de varier vos procédés d’enseignement : le livre n’intervient que pour vous fournir un choix tout fait de bons exemples, de sages maximes et de récits qui mettent la morale en action.
Enfin, dans le cours supérieur, le livre devient surtout un utile moyen de réviser, de fixer et de coordonner ; c’est comme le recueil méthodique des principales idées qui doivent se graver dans l’esprit du jeune homme.
Mais, vous le voyez, à ces trois degrés, ce qui importe, ce n’est pas l’action du livre, c’est la vôtre. Il ne faudrait pas que le livre vînt en quelque sorte s’interposer entre vos élèves et vous, refroidir votre parole, en émousser l’impression sur l’âme de vos élèves, vous réduire au rôle de simple répétiteur de la morale. Le livre est fait pour vous, non vous pour le livre. Il est votre conseiller et votre guide, mais c’est vous qui devez rester le guide et le conseiller par excellence de vos élèves.
Pour vous donner tous les moyens de nourrir votre enseignement personnel de la substance des meilleurs ouvrages, sans que le hasard des circonstances vous enchaîne exclusivement à tel ou tel manuel, je vous envoie la liste complète des traités d’instruction morale et civique qui ont été, cette année, adoptés par les instituteurs dans les diverses académies ; la bibliothèque pédagogique du chef-lieu de canton les recevra du ministère, si elle ne les possède déjà, et les mettra à votre disposition. Cet examen fait, vous restez libre ou de prendre un de ces ouvrages pour en faire un des livres de lecture habituelle de la classe ; ou bien d’en employer concurremment plusieurs, tous pris, bien entendu, dans la liste générale ci-incluse ; ou bien encore, vous pouvez vous réserver de choisir vous-même, dans différents auteurs, des extraits destinés à être lus, dictés, appris. Il est juste que vous ayez à cet égard autant de liberté que vous avez de responsabilité. Mais quelque solution que vous préfériez, je ne saurais trop vous le redire, faites toujours bien comprendre que vous mettez votre amour-propre, ou plutôt votre honneur, non pas à faire adopter tel ou tel livre, mais à faire pénétrer profondément dans les jeunes générations l’enseignement pratique des bonnes règles et des bons sentiments.
Il dépend de vous, Monsieur, j’en ai la certitude, de hâter par votre manière d’agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l’être. Les populations mêmes dont on a cherché à exciter les inquiétudes ne résisteront pas longtemps à l’expérience qui se fera sous leurs yeux. Quand elles vous auront vu à l’œuvre, quand elles reconnaîtront que vous n’avez d’autre arrière-pensée que de leur rendre leurs enfants plus instruits et meilleurs, quand elles remarqueront que vos leçons de morale commencent à produire de l’effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, plus de droiture, plus d’obéissance, plus de goût pour le travail, plus de soumission au devoir, enfin tous les signes d’une incessante amélioration morale, alors la cause de l’école laïque sera gagnée, le bon sens du père et le cœur de la mère ne s’y tromperont pas, et ils n’auront pas besoin qu’on leur apprenne ce qu’ils vous doivent d’estime, de confiance et de gratitude.
J’ai essayé de vous donner, Monsieur, une idée aussi précise que possible d’une partie de votre tâche qui est, à certains égards, nouvelle, qui de toutes est la plus délicate ; permettez-moi d’ajouter que c’est aussi celle qui vous laissera les plus intimes et les plus durables satisfactions. Je serais heureux si j’avais contribué par cette lettre à vous montrer toute l’importance qu’y attache le gouvernement de la République et si je vous avais décidé à redoubler d’efforts pour préparer à notre pays une génération de bons citoyens.
Recevez, Monsieur l’instituteur, l’expression de ma considération distinguée.

Le Président du Conseil,
Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts,
Jules Ferry

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